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Discussion: Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

  1. #1
    Vétéran
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    Par défaut Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    On connait la chanson...
    En espérant que je ne me prendrai ni pelle ni rateau et que je ne récolterai pas trop de fiel comme les Chevaliers du même nom.
    En attendant un goût d'inachevé me restait en bouche, cet appel qui sonne et resonne, résonne dans ma tête sans que je me décide à décrocher pour suivre le fil de mes idées...
    Alors j'ai tiré un fil puis un autre et au lieu d'un ouvrage détricoté je me suis trouvé avec une pelote que n'aurait pas rejetée Pénélope, la femme d'Ulysse, celle qui bossait tous les jours et ne se contentait pas de faire tapisserie.
    Voici donc un essai narratif sur le thème proposé par une joute dont le sondage ne s'est pas encore terminé.

    Le texte est en construction, un vrai chantier puisqu'au moment où je vous parle la fin n'est pas rédigée et c'est justement elle qui me cause le plus de souci. Ce qui veut dire que des modifications peuvent intervenir en cours de route même sur des parties déjà écrites

    Alors justement pour m'obliger à avancer, je poste le début en sollicitant votre indulgence pour cet ersatz de texte.




    L'APPEL







    « Je prends acte de votre réponse et vous remercie d’avoir bien voulu m’accorder votre attention. Je vous souhaite, au nom de la société DISTRIPROD, une excellente journée. Si vous souhaitez revenir sur votre décision ou obtenir des informations complémentaires, demandez Myriam, je me ferai un plaisir de vous aider. Au revoir, Madame Moulin. »
    Mirjana coupa la communication et le script disparut de l’écran. Elle soupira, enleva son casque et se massa les oreilles endolories par les écouteurs.
    Encore un coup dans l’eau ! Le téléphone : quel merveilleux instrument de communication qui permet instantanément de contacter les gens dans les endroits les plus reculés ou les plus insolites, de les déranger inopinément et de suspendre leurs occupations ! Hélas ! Si les plus esseulés trouvent là une occasion de briser leur solitude, ils ne cèdent pas systématiquement aux voix des sirènes téléphoniques. Pas facile en effet de convaincre une personne inconnue qu’elle a été choisie par une bonne fée pour bénéficier d’une offre exceptionnelle à condition qu’elle veuille bien accepter de…

    Une voix hargneuse explosa dans les écouteurs :
    « Alors position 92 ! Qu’attendez-vous pour vous logger à nouveau ? C’est pas l’heure de la pause ! Z’êtes pas là pour rêvasser ! » »
    Mirjana remit précipitamment son casque et sélectionna le programme suivant pour lancer la nouvelle série de numéros pré-enregistrés, tout en maudissant le zèle du chef d’équipe, Fred, ce roquet hargneux qui voulait qu’on fasse des objectifs et ne les lâchait pas un instant, allant jusqu’à surveiller leurs conversations pour vérifier si le protocole était suivi à la lettre.

    Pendant que les tonalités sonnaient simultanément en attendant que quelqu’un décroche en premier, elle regarda sa voisine Angelina, position 91, une expatriée grecque qui se présentait ici sous le pseudo d’Annie. Celle-ci manifestement venait de bien conclure car elle leva le pouce en signe de victoire.

    « Allo ? dit une voix peu amène à l’accent rocailleux.
    — Bonjour Monsieur, je me présente : Myriam de la société DISTRIPROD et j’ai le plaisir de vous annoncer que vous venez de gagner un magnifique repas gastronomique dans un restaurant sélectionné par nos soins. Vous pouvez venir avec votre épouse si vous le souhaitez.
    — Suis pas marié ! Et vous ? » L’homme éclata d’un rire gras.
    Tout en débitant d’une traite le script affiché sur l’écran, elle découvrit le nom de son interlocuteur et enchaîna aussitôt :
    — Monsieur Maillan, vous pouvez venir seul ou avec la personne de votre choix pour profiter de ce repas qui, je le rappelle, vous est offert par la société DISTRIPROD, boissons comprises !
    — Et c’est pour quand ?
    — Monsieur Maillan, nous vous proposons soit le vendredi 25 soit le samedi 26, à votre convenance.
    — Et je choisis ? C’est tout ? Qu’aurai-je à faire ? Y a une contrepartie ?
    — Aucune, Monsieur Maillan, puisque vous avez gagné ce repas à notre tirage au sort. On vous présentera seulement quelques opportunités intéressantes mais vous n’êtes pas obligé d’y souscrire.
    — Slanié ! c’est quoi cette arnaque ?
    Marjana sursauta mais parvint à garder son calme.
    — Mais c’est une proposition honnête, Monsieur Maillan, alors j’ai votre confirmation ?
    — Ben oui …et on peut choisir son menu ?
    — Tout à fait Monsieur Maillan. Entrée : assiette de charcuterie, plateau de fruits de mer ou salade composée puis poisson ou viande pour plat principal, fromage, dessert et vins comme …
    — Surtout pas de fruits de mer ! Y a des crevettes je suppose : je suis allergique à ces saloperies ! Ce sera charcuterie et viande !
    — Bien Monsieur Maillan, j’enregistre votre souhait, vous habitez bien au 25 Boulevard Gambetta ? Une confirmation vous sera envoyée pour vous préciser le lieu et l’heure que je vais vous indiquer.
    Tandis qu’elle débitait les informations qui s’affichaient à l’écran, elle sentait un poids lui écraser la poitrine et une sueur glaciale couler dans son dos. Simultanément des images venues de son lointain passé la submergeaient.
    Dans un état second, elle mit fin à la communication au moment où Fred annonçait une pause de treize minutes pour l’équipe.

    Elle rejoignit peu après Angelina-Annie et Toufik-Thomas qui bavardaient avec les autres autour du distributeur de boissons.
    « Bravo ! J’ai l’impression que toi aussi tu as décroché un objectif, mais tu es toute pâle ! Ça va ?
    — Oui… Oui ! C’est le rythme qui est un peu stressant ! Et puis refiler du vent à des gogos…
    — En plus le chef n’est pas commode, nota Toufik
    — Tu verras, tu t’y feras mais tu as bien un diplôme d’infirmière ?
    — Sauf qu’ici mon diplôme n’a pas grande valeur…
    — Tu viens d’où ? demanda Toufik
    — Elle vient du Kosovo. Elle a obtenu son diplôme là-bas et …
    — Fin de la pause ! ! Bande de feignasses ! Regagnez vos positions et loggez-vous vite ! Et on se remue les fesses ! Il vous reste encore des objectifs à récupérer avant ce soir.
    (à suivre...)
    Dernière modification par Modours ; 21/04/2017 à 21h30.
    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de mars 2010 à septembre 2016. Banni du 10/10/2016 au 10/11/2016

    <a href=http://www.casimages.com/img.php?i=130626011732867397.jpg target=_blank><a href=http://nsa34.casimages.com/img/2013/06/26/130626011732867397.jpg target=_blank>http://nsa34.casimages.com/img/2013/...1732867397.jpg</a></a>
    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis et que si on ferme son clapet, on a la liberté de tout dire ! Mais faudrait pas pousser tout de même !

    Ici je ne recrute plus ! Mais j'ai retrouvé un antre là: http://ensemble.poeticforum.com (demandez la clé à Cantabile)

  2. #2
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Que dire ?

    Pourquoi ne montrer qu'un extrait de ta participation ?

    J'adore...

    Comprenne qui veuille, et surtout réponds aux lettres sans nom qui positionnent leurs pendules...

    Je ne saurais donc pas égaler tes appréciations techniques, ne sachant te les rendre qu'en émettant un autre appel

    Bien à vous tous
    Les mots sont des armes quand les actes sont des batailles, et les choix des pertes sèches tant qu'on ne les assume point...
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  3. #3
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Quel plaisir de lire ça pour une fois que je retombe sur cette page, par égarement à n'en point douter !

    Ta plume est toujours aussi légère mais affutée je vois.

    Au plaisir de te relire (certainement plus lors d'un passage sur Skype qu'ici)

    Stiff
    "Il me reste du sang sur les dents j'suis pas content"
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  4. #4
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Et voilà la suite ...


    ***
    Ce soir là dans sa chambre, Mirjana retrouva tout un pan de son passé, retournant 17 ans en arrière, en 1995, dans son village natal près de Srebrenica.

    ***

    Il fait chaud en ce mois de juillet.
    Mirjana observe avec son frère une colonne de fourmis attaquant un malheureux scarabée. Il lui explique que c’est la guerre, comme celle qui se déroule non loin de là à Srebrenica et dont on entend parfois les échos des bombardements. Elle voudrait bien que son père revienne pour les protéger mais il est parti depuis plusieurs jours avec l’oncle Radzic et quelques autres.
    Tout à coup un grondement de moteur… En quelques instants c’est la panique : des femmes se mettent à crier :
    « Voilà les Scorpions ! Nous sommes perdus ! »
    Mirjana ne comprend pas pourquoi les scorpions font si peur. Bien sûr, il faut s’en méfier quand on soulève une pierre et qu’on en trouve un la queue en l’air, le dard en avant.
    Et puis tout à coup des camions apparaissent dans un nuage de poussière, bloquant les issues de la place et des hommes en treillis sautent à terre, les armes à la main, pointées sur les villageois terrorisés.
    Elle remarque alors que de gros scorpions noirs ont été peints sur les véhicules.

    Celui qui semble être le chef, un moustachu à la forte carrure se met à hurler d’une voix désagréable :
    « Et alors ? C’est comme cela qu’on nous accueille ? Apportez-moi à boire et à manger ! »
    Peu après, Naser Tarik, celui qui tient l’auberge du village, arrive avec une bouteille de vin et ce qui a largement fait sa réputation : le poulet mijoté dans une sauce épicée aux écrevisses. Mirjana pour y avoir goûté lors d’une fête familiale sait que c’est délicieux.
    La suite se déroule en quelques secondes :
    Le moustachu a grogné en guise de remerciement et s’est lissé la moustache d’un air satisfait. Mais à peine a-t-il porté à sa bouche un gros morceau qu’il le recrache aussitôt tout en hoquetant ! D’un revers de main, il envoie valser le plat :
    « Mais qu’est-ce que c’est ? Slanié ! Tu as voulu me tuer avec cette saloperie de crustacé ? C’est ça, Slanié ! Tu n’auras pas l’occasion de t’en vanter ! »
    Alors, fou de rage, éructant des insultes, il abat le malheureux d’une balle à bout portant.
    La vision de cet homme au visage qui se déformait et gonflait rapidement, tenant à la main un pistolet fumant et devant le cadavre de Naser est terrifiante. Dans un rictus, à court de souffle il se tourne vers son aide de camp, crachant difficilement ses mots :
    « Fais… quelque chose… Je …m’étouffe ! Sla…nié… ! »
    L’autre court au camion, revint avec une seringue qu’il injecte aussitôt à son chef. Ce dernier retrouve rapidement son souffle et sa hargne :
    « On m’avait bien dit que c’était un nid de vipère et de terroristes ce village ! Mais je vais y mettre bon ordre ! »
    Puis tendant un feuille à son second il ajoute :
    « Retrouvez-moi ceux-là, Et pour le reste comme d’habitude ! »
    Un ordre bref et les Scorpions ont pointé leurs armes vers les villageois apeurés. Mirjana a juste le réflexe de se baisser et, grâce à sa petite taille, de se faufiler entre les jambes, entraînant son frère pour gagner leur cachette, sous un empilement de planches et de caisses, derrière la remise. Là, invisibles, serrés l’un contre l’autre, sans savoir ce qui se passe, ils perçoivent des bruits de course, des hurlements, des pleurs, puis des coups de feu et des cris encore tandis qu’une fumée âcre se répand partout. Alors le silence revient seulement troublé par quelques sanglots. Sasjak, son frère, n’y tient plus et malgré ses supplications, il se glisse au dehors.

    Peu après Mirjana entend cette voix si désagréable :
    « Mais d’où il sort celui-là ? Amenez le moi ? Qui tu es toi ? … Ah bon ? Le fils de ce Vesner qu’on a descendu avant hier avec une poignée de terroristes ! Un vrai nid de vipères dont il faut tuer tous les œufs ! Slanié ! Embarquez-le moi ! »

    Quelques cris, vite couverts par le bruit des camions qui démarrent et quittent le village…


    (à suivre...)

    Le reste est encore sur le plan de travail...
    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de mars 2010 à septembre 2016. Banni du 10/10/2016 au 10/11/2016

    <a href=http://www.casimages.com/img.php?i=130626011732867397.jpg target=_blank><a href=http://nsa34.casimages.com/img/2013/06/26/130626011732867397.jpg target=_blank>http://nsa34.casimages.com/img/2013/...1732867397.jpg</a></a>
    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
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  5. #5
    Coutumier Avatar de Broom
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Peut-être un du travail à faire encore, mais il ne manque pas de choses à dire.

    Je trouve l'idée de différencier autant la narration d'un chapitre à l'autre brillante. Le chapitre 1 ne nous incite pas à nous identifier à la protagoniste, il nous y force. Lorsque "Myriam" ne parle pas d'elle-même, le récit nous met face à la violence du milieu et donc à la même place que celle de la protagoniste.
    Par ailleurs cette violence est très appuyée par deux fois en un seul chapitre. Alors que l'on semble être sur un temps faible où l'on nous expose les pensées calmes et structurées de Mirjana, on est interrompu par un personnage imbu de sa personne et arraché du point de vue intérieur que l'on est censé avoir.
    Il n'y a pas de place pour l'individu, et c'est comme si le lecteur n'avait pas sa place dans la tête de Mirjana, que l'on devait se cantonner au rôle d'observateur. D'ailleurs on est déjà dans les champs lexicaux du massacre et de la vulgarité : "exploser", "écraser", "charcuterie", "saloperies", forme négative incomplète...
    Tandis que dans le second chapitre, on nous force à entrer dans le personnage principal et à y rester, à nous identifier à lui : le récit est descriptif depuis ses yeux et surtout, elle n'a aucun impact dans ce qu'il se passe autour d'elle. Ni pour Naser, ni pour son frère. Elle devient aussi spectatrice que le lecteur, et cette mise en scène liée à l'empathie que l'on a pour elle nous force à nous y identifier.

    Pour autant le chapitre 2 est dans la veine du chapitre 1. Violence, traumatisme, transparence de l'individu. C'est très bien vu d'avoir placé le personnage dans un présent en paix mais très malsain au début pour créer une transition directe vers un passé cauchemardesque et morbide. Ca en dit long sur les intentions pour les futurs chapitres... Je reste patient, mais sois sûr que j'attends la suite.

    Si je peux tout de même donner un conseil de modification, je mettrais plus en valeur la brutalité du chef d'équipe. Si j'ai bien compris, tu comptes faire un parallèle entre ce dernier et le chef des mercenaires, et ensuite t'en servir pour faire se questionner la position de Mirjana vis-à-vis de son supérieur. Dans ce cas je propose de lui faire dire "C'est pas l'heure de la pause !", cela ajoutera à la férocité du personnage, et ça ne sera pas choquant puisqu'il hurle et la dégrade au rang de numéro.
    Enfin ce n'est que mon avis, ta plume est plus vive et affûtée que mon esprit n'est créatif. Bonne chance pour la suite de ton texte.
    Dernière modification par Broom ; 21/04/2017 à 14h59. Motif: Propos incohérent §1 dû à une erreur de corretion
    #JesoutiensOursinus

    Je n'aurais jamais cru que ma signature puisse s'appliquer à la modération...

    Ici on couche sur le mur les échecs et les bavures : http://ensemble.poeticforum.com


  6. #6
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Quelle beauté d'écriture, toujours ! Merci à toi...

    Puissè-je un jour être suffisamment aguerri, voire " brutal " de plume et de technique, pour être capable de tels textes ^^

    Je m'en retourne à mes courts poèmes, car il y a du pain sur la planche !
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  7. #7
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Merci pour toutes vos remarques qui m'incitent à poursuivre et à modifier quelques détails (à repérer si le cœur vous en dit...
    Le texte approche de sa fin et si, au départ, j'avais en gros une idée pour la fin, j'ai cheminé à tâtons, déroulant peu à peu le fil de l'intrigue avec l'impression que mes personnages m'entraînaient à mon insu dans telle ou telle direction. J'ai essayé tout en gardant à l'esprit que j'écrivais une fiction (donc rien de biographique ici, à part peut-être la ville où j'ai fictivement placé le centre d'appel) de coller le plus possible à une certaine réalité historique ou géographique et à une cohérence dans divers domaines pour que le récit des divers faits semble plausible.

    Voici donc l'épisode 3




    S'il n’avait pas été aussi traumatisant de les évoquer, elle aurait pu raconter à Angelina ces événements et ceux qui suivirent ce terrible jour.

    Une fois éteint l’incendie de la petite mosquée qui menaçait la remise toute proche, ce fut la découverte par les rescapés, joie et tristesse mêlées, de la fillette, prostrée, incapable de dire un mot mais pleurant à gros sanglots.
    Heureusement une parente de Sarajevo recueillit la petite orpheline de 5 ans. La ville se remettait difficilement de plusieurs années de guerre et les débuts furent difficiles, malgré la présence rassurante des forces de l’ONU.

    Ce n’est que bien plus tard que Mirjana apprit ce qui s’est passé, comment avait été décimée en représailles toute sa famille, celle de son oncle et des résistants partis dans la montagne.
    Aucune trace de son frère…
    Rien non plus sur les Scorpions, évaporés dans la nature après la guerre.

    Grâce à cette cousine qui l’éleva comme sa fille, elle put suivre des études médicales et passer un diplôme d’infirmière, mais impossible de trouver du travail dans la ville dévastée, aussi depuis quelques mois avait-elle gagné la France dans l’espoir d’y dénicher un emploi dans le domaine médical qui, à ce qu’on lui avait dit, manquait de personnel soignant.

    Et ce soir-là les sanglots longtemps refoulés la submergeaient à nouveau ; le passé ressurgissait avec les souvenirs intacts comme si cela venait de se produire et tout cela parce qu’un mot, sranje, un juron serbe qui se prononçait slanié, avait été proféré par cet homme à la voix rocailleuse…
    Et si c’était le gradé moustachu, le chef du détachement des Scorpions, celui qui avait choisi son village pour y exercer des représailles et assouvir sa haine envers sa communauté?
    Maillan … Un nom bien français pourtant… Elle se rappela néanmoins le procès intenté par le Tribunal Pénal International qui avait condamné plusieurs Serbes dont le fondateur des « Scorpions ». Elle n’avait reconnu personne. Mais combien, ayant modifié leur nom, avaient pu se soustraire à la justice, tel ce Coban arrêté l’an dernier et qui se cachait depuis plusieurs années près de Grenoble sous une fausse identité, ayant même obtenu la nationalité française ? Et que dire de ce colonel Gruban Mlacjan qui dirigeait une de ces sinistres sections et qui avait échappé jusque là à toutes les recherches car on n’avait aucune photo de lui ?
    Mlakjan… Maillan… Mais sur quoi se baser pour établir un rapprochement probant ? Cette voix rocailleuse mémorisée dans sa petite enfance ? Ce « merde » plusieurs répété à cette époque, et qui venait de lui échapper au cours de l’appel ? Son comportement vulgaire et graveleux ? Ou cette façon brutale de réagir en évoquant son allergie ?

    Simples coïncidences ou appel du destin ?
    Une occasion à saisir pensait-elle, en relisant les notes qu’elle avait prises dans la journée.

    ***

    (à suivre...)
    Cette fois je tiens le bon bout mais pas vous!
    Dernière modification par Modours ; 22/04/2017 à 20h27.
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    <a href=http://www.casimages.com/img.php?i=130626011732867397.jpg target=_blank><a href=http://nsa34.casimages.com/img/2013/06/26/130626011732867397.jpg target=_blank>http://nsa34.casimages.com/img/2013/...1732867397.jpg</a></a>
    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
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  8. #8
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Quand on aime on ne compte pas, mais gare à l'overdose!


    Gérard Maillan se félicitait d’avoir accepté la proposition de DISTRIPROD.
    D’abord le repas avait été très correct, le vin servi à profusion, même s’il soupçonnait que le but était d’enlever toute inhibition à la trentaine de participants réunis dans la salle du restaurant.
    Plusieurs couples de seniors avaient déjà craqué pour cet appareil multifonctions qui mixait, cuisait et vous garantissait des plats réussis à coup sûr ou cet ordinateur ultra-pratique pour malvoyants sans oublier cette assurance santé qui prenait presque tout en charge à condition d’oublier l’essentiel ou même cette société de télésurveillance qui vous mettait à l’abri des cambrioleurs! Il faut dire que le présentateur avait du bagout.
    Mais l’homme à la carrure forte qui affichait une cinquantaine épanouie savait que sa meilleure assurance se trouvait dans le tiroir de sa table de nuit, un Zavasta M 88 souvenir d’une époque passée et dont il n’avait pas voulu se séparer.
    On a fait tellement de choses ensemble que ce serait un crime de le laisser tomber songeait-il en souriant, sourire qui s’élargit quand une serveuse blonde, une jeunette d’une vingtaine d’années lui demanda s’il désirait un café. Il répondit que ce serait avec plaisir mais que le plaisir serait encore plus grand s’il pouvait le partager avec une aussi jolie personne.
    Tout en la dévorant du regard, il se frottait la lèvre supérieure comme s’il frisait machinalement une moustache inexistante.
    La serveuse rougit, flattée par le compliment et visiblement troublée mais lui répondit qu’elle n’avait pas le droit d’accepter une telle proposition, il en allait de la réputation du restaurant et de la société DISTRIPROD. Il acquiesça et lui glissa dans la main un gros billet et une carte, lui suggérant qu’ils pourraient se retrouver un soir dans un autre restaurant plus discret. Elle rougit encore mais prit le tout avant de se diriger vers une autre table.
    Décidément, c’était une belle journée !

    ***

    (à suivre...)
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  9. #9
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Nouvelle livraison à la manière des feuilletonistes du XIX° siècle desquels je n'arrive pas à la cheville même si comme Eugène je sue sang et eau!

    ***

    Il était tard.
    Mirjana avait terminé et n’était cette pression et cette sensation de chaleur au niveau des oreilles dont elle avait hâte de se débarrasser, elle trouvait que la journée ne s’était pas si mal passée car l’objectif était cette fois bien atteint, sans oublier la prime qu’elle venait de décrocher pour sa prestation et qui lui permettrait de payer une partie de son loyer.
    Elle salua le chef et put enfin quitter les lieux, désireuse de rentrer au plus vite chez elle pour prendre une douche et soulager son corps endolori.
    Une fois passé le coin de la rue, elle enleva prestement sa perruque et la glissa dans son sac.
    Une chance que le restaurant ait accepté de l’engager comme extra et de la payer en liquide sans lui demander de justificatif. Après tout, chacun y trouvait son compte !

    En tous cas cela lui avait facilité la tâche et permis d’approcher ce Monsieur Maillan.
    Bien sûr il avait changé par rapport au souvenir qu’elle avait gardé de lui dans sa petite enfance mais s’il avait vieilli il avait conservé cette carrure imposante et le timbre de la voix était resté le même. Malgré des efforts évident pour parler un bon français, une pointe d’accent ressortait quand il avait dit par exemple : un plaisir plous gland et oune yolie personne mais ces écarts de prononciation restaient discrets et pouvaient même passer inaperçus si on ne les guettait pas. Certes il était imberbe mais elle avait noté ce tic quand il avait porté sa main à ses lèvres. Et puis ce regard froid et machiavélique, celui d’un fauve guettant sa proie et c’est bien ce qu’elle avait ressenti quand il l’avait dévisagée. Elle espérait que son trouble avait pu être interprété autrement à en croire son air satisfait quand elle avait empoché par réflexe le billet et la carte.
    A ce propos que pouvait-on y lire?
    Cependant elle résista à la tentation de la sortir de sa poche car elle ne voulait pas s’attarder : qui sait s’il ne l’avait pas attendue à la sortie du restaurant ?

    ***

    La porte fermée à double tour, elle se hâta d'examiner la carte.
    Sur le bristol se détachaient ces mots :
    Sécurité
    COonseils
    Repérages
    Protection
    Interventions 24h/24
    Opérations de
    Surveillance


    Tandis qu’au verso se trouvaient ses coordonnées : nom, prénom et numéro de téléphone.

    Elle ne put réprimer un tremblement en découvrant cela. Tout se recoupait…
    Logique qu’il ait choisi ce métier vu ses capacités antérieures.
    Mais quelle morgue quelle impudence dans le choix de ce sigle SCORPIOS qui rappelait son ancienne et sinistre unité !
    Cela montrait bien qu’il se sentait impuni, à l’abri des poursuites, protégé par cette fausse identité et sans doute par des amis influents qui avaient pu l’aider dans sa fuite et continuaient de le protéger.
    Elle jouait gros jeu dans cette affaire. Il n’hésiterait pas à l’éliminer s’il sentait que sa sécurité était menacée. Ce qui l’inquiétait par-dessus tout c’était de s’être trahie au restaurant ou d’avoir été filée par ce professionnel qui avait pu la voir enlever sa perruque.
    Le plus sage aurait été de ne pas poursuivre plus avant dans cette voie mais c’était aussi renier son passé et la mémoire des siens, tous ces morts et disparus qui hantaient sa mémoire et ses nuits.

    ***

    (à suivre...)
    Dernière modification par Modours ; 23/04/2017 à 02h41.
    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de mars 2010 à septembre 2016. Banni du 10/10/2016 au 10/11/2016

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    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis et que si on ferme son clapet, on a la liberté de tout dire ! Mais faudrait pas pousser tout de même !

    Ici je ne recrute plus ! Mais j'ai retrouvé un antre là: http://ensemble.poeticforum.com (demandez la clé à Cantabile)

  10. #10
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    Par défaut Re : Les feuilles mortes se ramassent à l'appel...

    Le feuilleton se poursuit !

    ***

    « Heu…Allo ?... Gérard Maillan ? Je suis Élodie… J’assurais le service, l’autre jour, samedi dernier…le 16 … Vous vous souvenez ? Vous m’avez proposé un repas au restaurant… Cela tient-il toujours ?
    — Ah oui je me rappelle ! Élodie , la gentille serveuse blonde ! Bien sûr que cela tient toujours : je ne fais pas des propositions à la légère… Voyons, je consulte mon agenda… Ça vous dirait samedi 23, à 19h 30 Au Bec Fin, sur la place du Théâtre? Donnez-moi votre adresse je passerai vous prendre.
    — Heu… ce ne sera pas nécessaire… Je vois où est le restaurant, j’ai… justement des courses à faire dans le quartier… avant la fermeture des magasins. Je vous retrouverai là-bas.
    — Entendu Élodie, à samedi ! »

    Mirjana raccrocha, les mains moites, le cœur battant. Plus moyen de faire marche arrière. Elle se disait qu’elle avait eu la présence d’esprit de ne pas donner son adresse, car il aurait très bien pu la filer et tout découvrir. Elle se félicita aussi d’avoir adopté un débit plus lent pour ne pas retrouver ses tics du centre d’appels et puis cela cadrait mieux avec l’image de cette Élodie, la jeune fille un peu godiche et simplette qu’elle représentait. Fallait maintenant trouver une tenue un peu aguichante, mais pas trop, pour rester dans le personnage, vérifier la perruque blonde et surtout se montrer plus astucieuse que ce renard ni sous-estimer son adversaire.
    Et cela exigeait quelques précautions préalables.

    ***

    Le lendemain elle prétexta une laryngite pour ne pas prendre son poste et de bonne heure se rendit au marché qui se tenait opportunément sur une place, le long du Boulevard Bazeilles. Il pleuvotait ce jour-là, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Abritée par son parapluie et fondue dans la foule dense qui se pressait autour des stands, elle espérait bien pouvoir surveiller à sa guise l’entrée numéro 223 sans trop se faire remarquer.

    Les heures s’écoulèrent, elle prenait son temps achetait ça et là quelques légumes ou des fruits, faisait mine de s’intéresser aux camelots, elle qui fuyait d’habitude ces produits fabriqués en série de l’autre côté de la Méditerranée sinon en Chine. Elle faisait de son mieux pour ne pas s’attirer une remarque déplaisante de la part d’une marchande qui trouvait qu’elle prenait bien son temps pour choisir deux pommes, trois carottes ou une botte de radis. Son cabas s’emplissait d’une nourriture qu’elle aurait du mal à consommer dans la semaine et la matinée tirait à sa fin, les clients se faisaient plus rares, les habitués étant depuis longtemps passés, elle songeait qu’elle allait devoir recommencer demain et risquer un blâme de Fred sinon un renvoi, quand elle vit la porte du 223 s’ouvrir et sortir celui qu’elle guettait. Prestement elle se réfugia derrière un platane tandis que l’autre traversait la rue d’un pas décidé et se dirigeait vers elle ! Voilà Il avait dû la repérer depuis sa fenêtre : tout était foutu ! Elle tenait le parapluie légèrement incliné devant elle, dérisoire bouclier qui allait envoyer promener d’un revers de main, quand elle le vit grimper dans une voiture garée tout près sur le boulevard et démarrer aussitôt.

    Il lui fallut quelques minutes pour reprendre ses esprits et le cabas qu’elle avait posé à ses pieds. Elle y prit un autre parapluie et remplaça son imperméable gris par un autre en plastique coloré avant de traverser le boulevard.
    Par chance la porte du 223 n’était pas fermée et elle entra dans un petit hall où d’alignaient des boîtes aux lettres ce qui lui permit de repérer le bon étage, le quatrième, mais elle préféra prendre l’ascenseur jusqu’au cinquième. Parvenue à ce niveau, elle examina les lieux. Deux portes se faisaient face. Elle se pencha sur la rambarde et retrouva la même disposition au palier inférieur, cherchant à repérer en vain un dispositif de détection particulier. Alors elle chaussa des lunettes sombres, se coiffa d’un bob de pluie blanc qui faisait ressortir sa perruque rousse et se risqua dans l’escalier. Au passage, elle repéra la porte qui portait le sinistre sigle gravé sur une plaque de cuivre mais elle continua sa descente au cas où une caméra de surveillance aurait été installée dans le juda. Le cabas était lourd et c’est le souffle court qu’elle parvint au rez-de-chaussée. Elle jugea plus prudent de reprendre son souffle avant de sortir, priant le ciel de ne pas se retrouver nez à nez avec le Serbe. Certes il aurait eu du mal à la reconnaître mais justement ce déguisement d’espionne était trop voyant ! Une fois dehors elle longea le trottoir rapidement et grimpa dans le premier bus qu’elle vit, les jambes en coton et les épaules endolories.

    ***


    (à suivre...)
    Ex-Modérateur de la Taverne: bénévole de mars 2010 à septembre 2016. Banni du 10/10/2016 au 10/11/2016

    <a href=http://www.casimages.com/img.php?i=130626011732867397.jpg target=_blank><a href=http://nsa34.casimages.com/img/2013/06/26/130626011732867397.jpg target=_blank>http://nsa34.casimages.com/img/2013/...1732867397.jpg</a></a>
    Merci à Zuzu pour la mise en page de mon dessin
    Je n'en démordrai pas: je suis vraiment convaincu que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis et que si on ferme son clapet, on a la liberté de tout dire ! Mais faudrait pas pousser tout de même !

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